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30.10.2007

Un "must"

Allez voir là-bas : www.la-vie-est-belle.be

Une famille qui fait au moins 3 choses extraordinaires :

-          un tour du monde ;

-          en Land Rover ;

-          mieux préparé que moi ! ;

Du peu que j’ai vu de leur site, je suis en admiration … En fait, c’est le papa qui m’a envoyé un mail de félicitations. Renvoyé la balle bien sûr !

Fabian.

Certains l'ont demande ...

Vous pouvez dorénavant lui envoyer des sms gratuitement sur son téléphone satellite via le site suivant : messaging.iridium.com

Son numéro est le : 8816 3152 4338

N'hésitez pas, cela lui fait du bien d'avoir des nouvelles!

Mathieu

Carte et statistique

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Faut cliquer et ca s'agrandit ...

Bon, c'est l'bordel !

J'sais pas c'qui s'passe, mais les notes sont dans le desordre ... Heureusement que je les numerote !

Sorry pour le zigzag que vous allez endurer si vous appreciez un peu de logique ...

Etape 65 (28/10) – Avant Belogorsk – Avant Khabarovsk

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La neige a presque complètement disparu. Mais les nuits sont toujours aussi froides. Vous comprendrez que les messages soient plus courts. Ce n’est pas l’encre qui gèle ici, ce sont les doigts. Pour être honnête, j’écris rien du tout ces jours-ci. Ce n’est que plus tard que j’essaierai de rassembler les impressions …

La route réapparaît et re-disparaît à intervalles réguliers. C’est frustrant. Et je veux en finir avec cette épopée interminable.

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Le soir arrive avant que je ne m’en aperçoive et c’est de nouveau à la lueur des phares que je me dégotte un endroit … à côté de la voie de chemin de fer ! Faut dire, j’adore voir passer les trains. Ils sont beaux, ils sont grands. Et leur étoile rouge sur le nez !

Etape 66 (29/10) – Khabarovsk

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Des jours que j’en rêve : arriver à Khabarovsk ! Allez, plus que quelques kilomètres (ouais, 150 tout de même ... Et c’est pas toujours de l’asphalte !). Sur tout une portion, c’est le feu qui lèche les talus (comme quoi, y’a pas qu’en Californie). Et du trop froid, c’est trop chaud qu’il fait quand je m’arrête pour prendre des photos !

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Mais la ville est là ! Il faut traverser l’Amour (jamais essayé ?) sur un ouvrage magnifique à 2 étages (les voitures roulent sur le tablier supérieur, les trains sur le tablier inférieur). Dommage que je ne puise pas m’arrêter : ils construisent un autre tout contre avec un lanceur (comme en Libye !). Visite dans un supermarché (où je trouve enfin un jerrycan pour remplacer les miens qui étaient troués (pas grave quand l’eau gèle, mais bon …)), puis à la visée du GPS, je trouve le centre ville. C’est toujours un exercice excitant d’avoir une carte de la ville et se retrouver dedans quand il n’y a pas de nom de rue. Faut se positionner d’après la forme des rues ou un bâtiment quelconque indiqué sur le plan. Et c’est ainsi que je trouve assez vite l’hôtel Tourist que j’avais sélectionné pour son agence de voyage … Les femmes (en uniforme) du guichet sont … pitoyables. Mais je trouve l’agence par moi-même cachée au bout ‘un couloir du premier étage. Do you speak english ? L’homme à qui je viens de poser la question me conduit chez … Julia ! Sans uniforme (presque sans rien à vrai dire), elle accroche directement à mon projet (heureusement qu’il y avait une carte du monde accrochée au mur pour faciliter l’explication). C’est décidé, elle va m’aider à vérifier que les ferrys pour Sakhaline et le Japon sont toujours en circulation. « Je vais m’inscrire à l’hôtel et je reviens ».

Retour chez les femmes en uniforme : ça leur va pas du tout que je loge ici. Mais elles ont une bonne raison cette fois : je devais me faire enregistrer dans les 3 jours de mon arrivée et j’avais décidé de passer outre. Ca leur semble horrible et j’ai l’air d’un extra-terrestre. Ce qui est marrant, c’est que j’ai beau rester devant le guichet à essayer de savoir ce qui va se passer, elles restent muettes et décident de m’ignorer … Surréaliste ! Un peu comme un francophone qui se retrouverait au guichet de la maison communale d’Overijse et qui parle en français avec un fonctionnaire qui essaye de ne pas l’écouter … Je remonte voir ma Julia. Elle est déjà au courant de la situation, me dit que j’ai de gros problèmes, mais qu’elle va essayer de me sauver de la (lourde) amende. Elle me dit que je ne dois pas m’en faire … Après une demi-heure d’incessants coups de fils : victoire ! J’évite l’amende, mais je ne peux pas rester dans cet hôtel. Elle m’en indique un autre … tout près de chez elle dit-elle en me montrant son adresse. Je sens son souffle dans mon cou et sa main touche la mienne (si j’écris ça, c’est pour vous captiver !). Ok, je m’y rends et promets de venir la voir avant la fermeture.

Je traverse la ville pour me trouver face à un immense hôtel où la réceptionniste me reconnaît et m’assure de suite que ma « registration » sera prête demain. Une douche plus tard (Whaa ! Qu’elle est bonne celle-là, chaude et tout …), je re-traverse la ville voir Julia. Elle me dit que tout est en ordre. Pour prolonger la conversation, je lui demande l’adresse d’un bon restau. Elle sait aussi bien que moi que je m’en fous, que c’est juste pour prolonger … Et elle cherche plusieurs endroits … Elle a l’air déçue. Je comprends quand je lui demande ce qu’elle fait le soir : elle a promis à son petit ami d’aller à un concert. J’ai aussi froid que les autres nuits tout-à-coup. Tant pis … Elle a l’air si enthousiaste que je l’emmène voir la voiture tout de même … Elle me regarde m’éloigner, attendrie …

Je rentre à l’hôtel (y’aura ben un restau là-bas), de toutes façons, j’ai mal à la tête. Puisqu’il n’y a que ça, ce sera japonais ce soir (waow, c’est cher) ! Puis aspirine et dodo.

Debout pour le breakfast (payant, malgré ce que m’affirme la gardienne d’étage), puis en avant pour aller lire mes mails. Je retourne dans ma chambre écrire quelques articles pour le blog quand le téléphone sonne ! C’est Julia qui me demande ce que je fais ce soir …

Je vous raconterai la suite plus tard …

Etape 63 (26/10) – Mogocha - Skovorodino

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Même journée. Même neige. Mêmes bouleaux. Même dangers. Mêmes voitures japonaises dans l’autres sens (certaines abîmées, certaines dans le fossé, beaucoup qui changent leur roue). Un bout de route tout de même. Qui apporte l’espoir, mais le retire après 50 km … Un peu plus loin, après un parcours sur un sentier de montagne, je les vois même étaler l’asphalte fumante ! Ca dure 300 mètres … O cruelle déception.

Ici, il ne s’agit pas de rencontrer des gens, de visiter des monuments ou de prendre du bon temps. C’est presque un combat avec la route que je mène. Une traversée en solitaire. Quand je relativise tout ça, je me sens un peu ridicule face à tous ces autres conducteurs que je croise sans arrêt dans le sens opposé et qui doivent faire ça régulièrement (d’ailleurs : où dorment-ils eux ? Dorment-ils eux ?) …

Et puis, il y a ces quelques villages traversés : avec des gens qui vivent ici tout le temps ! Quelle destinée qu’est la nôtre à vivre dans ce pays si civilisé peuplé de francophones et de flamands …

Ce soir je dors entouré de neige et sous la pleine lune. Ce serait magnifique si je pouvais en profiter plus longtemps …

Note : 2 mois depuis le départ …

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Etape 64 (27/10) – Skovorodino – Avant Belogorsk

Le combat continue …

La route est apparue quelques fois ! La neige commence à se faire moins épaisse sur la route (c’est dû aux chasse-neige). Elle a presque disparu sur les côtés. Mais il faut régulièrement quitter la piste quand ils placent des collecteurs …

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Pas très intéressant, mais c’est le quotidien.

J’ai trouvé un endroit au beau milieu d’un champ pour passer la nuit. J’ai l’impression qu’il fait un peu moins froid … Je fete ca en prenant une serie d’auto-portraits avec mon gsm ...

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Etape 60 (23/10) – Après Ulan-Ude – Avant Tchita

Une étape de route aujourd’hui. Comme les suivantes le seront j’imagine ! Une vieille inquiétude tout de même : quel que soit mon atlas routier, il n’y a pas de route après Tchita ! Or, je sais qu’il y a un lien avec l’Océan Pacifique … On verra bien !

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Une habitude se met en place : réveil puis sortir du sac uniquement quand le soleil est levé (et je voudrais taire ici les fausses allégations paternelles : non, je ne dors pas habillé ! Je fais cet immense effort de me retrouver à moitié nu entre pyjama et vêtements (ou dans l’autre sens) tous les jours !), je zappe le p’tit déj (eau gelée de toutes façons), zappe en général le lunch et me concocte un truc tous les soirs (« truc » qui varie de pain sec et fromage à pâtes à la cassonade). En fait entre le réveil tardif, le fait que je ne sache pas très bien l’heure qu’il est, le soir qui arrive vite, et la lenteur de la voiture sur les routes, j’ai pas le droit à trop d’arrêts la journée et les soirs sont bien trop froids que pour imaginer être ailleurs que dans mon sac de couchage !

Le soir je me trouve un endroit tout près d’un petit bois de bouleaux : c’est très joli !

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Etape 61 (24/10) – Tchita – Un peu plus loin

Des jours que j’en rêve : en Russie, à chaque entrée de ville, il y a des immenses lettres qui forment son nom. A Tchita, je me promets de faire une photo de moi devant elles et les envoyer à mes camarades de jeu du « Risk » et leur annoncer que les forces rouges ont conquis Tchita ! Les initiés comprendront … Et aujourd’hui, que dalle, pas de lettres, pas de photo. Suis terriblement déçu !

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Je me ballade en ville tout de même. Y’a un internet café, mais il n’ouvre que dans 2 heures. Y’a bien un autre, mais il n’y a pas de port USB pour vous envoyer mes messages … Une basilique avec des dômes tout dorés, quelques maisons en bois du temps des camps et déportations (en fait, je sais pas très bien ce qui date des déportations, alors j’imagine qu’avant toute la Sibérie était vide et que tout date des déportations et goulags …). Quelques belles russes aussi (je me répète parce que je sais que ça fait plaisir à plusieurs d’entre vous …) et mes amoureuses partout (vous savez bien, ces petites camionnettes …). Je fais quelques courses au supermarché, dont une petite bouteille de vodka que je compte bien m’enfiler un de ces soirs ! Et des M&M’s et Nic-Nac artisanaux aussi (mes nouvelles drogues).

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Je dois à nouveau utiliser mon sens de l’orientation relié au GPS pour trouver la bonne direction à la sortie de la ville (prendre un raccourci en fait) : suis assez fier de moi !

Après une dizaine de kilomètres, ce que je craignais arrive : la route est enneigée. Ici, pas de sel, mais du gravier et de la terre pour fournir une certaine adhérence. La vitesse est limitée … Mais la neige s’estompe … C’est mon autre crainte qui suit : la route n’est plus ! C’est la piste qui se déroule sous les pneus du Def … En fait, il ne manque que la sous-couche et l’asphalte pour avoir une route. Ca cahote pas mal ! Des trous, irrégularités, tôles ondulées.

Sur le bord de la route, un panneau qui indique les kilomètres depuis la ville. Je décide de regarder de l’autre côté : « 2007 ». Naaan … c’est juste une coïncidence, c’est pas possible … Je cherche le panneau suivant, mais c’est trop dangereux pour me retourner. Le suivant est placé trop haut, et le dernier indique bien « 2004 ». Putaaiin ! Deux mille bornes avant la prochaine grande ville !

Et puis autre chose d’inquiétant : si il y a quantité de voitures qui circulent dans l’autre sens, pas grand monde de mon côté de la route … Signe que les gens fuient le froid ? C’est ce que je pense au début. Puis je remarque que les voitures que je croise sont bien sales. Et aussi qu’elles n’ont pas d’autre plaque d’immatriculation qu’un papier collé sur le pare-brise. Les capot, garde-boue et même pare-brise sont tout protégés d’auto-collants. Et ce sont toutes des voitures japonaises … Certaines en remorquent d’autres. En fait, multitude de gens importent des voitures d’occasion (ou neuves) du Japon par la route ! Ben elles doivent arriver dans un piteux état après cette traversée …

Et ça grimpe !

Et la neige revient … Ca promet. En attendant, je sors de la piste et m’enfonce dans un champ entre les petits bois de bouleaux me trouver un endroit pour la nuit …

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