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26.11.2007

The Great Fire-Wall of China

Pas evident d'updater le blog depuis la Chine, encerclee, cachee, protegee par sa Grande Muraille technologique qui empeche tout acces au site ...
C'est donc via e-mail que j'espere ajouter quelques articles au blog. Mais ce sera sans photo malheureusement. Sorry.
 
Aux nouvelles : Apres Pekin, je suis arrive chez Fabrice a Chongqing (Chine Centrale). Au programme pour les jours a suivre : quelques jours en Chine en se rapprochant de la frontiere, puis passage au Vietnam. La voiture m'attendra a Brisbane (Australie) le 11 Decembre ...
 
Fabian.


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Etape 77 (09/11) – Khabarovsk - Vladivostok

Réveil difficile. Léger mal de tête tout de même. Mon copain, ragaillardi sans doute par sa nuit active, téléphone plusieurs fois pour me réveiller. « Va t’acheter un truc pour manger et on part quand tu seras revenu ». Il est très vite midi. Un hamburger avant de partir (un vrai morceau de poulet coincé entre 2 tranches de pain). Petit tour en ville revoir sous la lumière du jour les « attractions » visitées la nuit avec Julia. Le mémorial est impressionnant : des milliers de noms sont inscrits dans la pierre de ceux et celles partis pour la deuxième guerre mondiale. Puis ceux de l’Afghanistan. Et ceux de la guerre en Tchétchénie aussi !

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On visite une église aussi. « T’es croyant ? » que je lui demande. « Non ». « Mais pourquoi brûles-tu un cierge alors ? ».

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La route vers Vladivostok est de meilleure qualité que ces derniers jours. Ca fait du bien. Mais c’est long ! Heureusement que l’autre se replonge dans ses jeux de gsm … Je retrouve mes convois de voitures japonaises d’occasion importées pour la distribution vers l’intérieur du pays. Je sais la route qu’ils vont devoir se taper et je les plains. Aussi bien Julia que Max m’ont parlé d’un tronçon réputé pour ses « car-jacking » à la russe : tu me donnes de l’argent ou je casse ta voiture et tu sauras plus la revendre … On verra …

L’obscurité arrive bien tôt et c’est la conduite fatigante dans les lumières des phares de ceux d’en face que je dois subir. Les paysages défilent, mais je ne vois plus rien. De toutes façons, ce soir, c’est au finish jusque Vladivostok. Ca fait tout de même presque 800 kilomètres (de loin ma plus longue étape !). Mais pas de soucis puisque ce soir je loge chez Max.

Arrivée en ville vers minuit. C’est déjà super beau dans la nuit : une ville sur des montagnes en bord de mer. Un petit San Francisco russe … Avec des baies partout. On traîne un peu et je sens le plan foireux qui arrive à nouveau. Je tente un « je vais loger à l’hôtel ce soir » qui est accepté de suite, confirmant mes pensées. Ce sera l’ « Ecuador », pas trop loin du centre et je devine avec vue sur la mer. Un vieux bloc de béton, avec un vieil ascenseur et ce qui doit être un vieux lit. Ca le fera …

Rendez-vous demain matin à 9 heures !



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Etape 78 (10/11) – Vladivostok

Il fait tout gris ce matin. Et froid, très froid. Et il commence même à pleuvoir, mais ça ne dure pas très longtemps. Je le sais parce que je reste dans ma voiture à l’arrêt pendant presqu’une heure à attendre Max. Mais qu’est-ce qu’il fout ? Je pense évidemment qu’étant arrivé chez lui, et ayant emporté mon gsm pour la nuit, il lui est facile de disparaître et me planter là … Mais son sac est resté dans la voiture … Dilemme sans réponse interrompu par sa frêle silhouette essoufflée qui arrive : « ma femme veut divorcer » … Et meeeerde !

Mais c’est quoi ce gars ?!

Qu’est-ce qu’il est encore en train d’inventer … Soit c’est vrai et ce gars est pathétique, soit c’est faux et ce gars est pathétique … Mais il n’a pas l’air de vouloir s’attarder sur ses problèmes (La relation homme-femme en Russie apparaît bien différente de chez nous …).

Je lui indique l’adresse de la compagnie de ferries, située à la gare maritime : c’est samedi, c’est pas de chance, c’est fermé. Ben, lundi alors …

On entreprend alors un grand tour de la ville, au bord de la mer, sur une presqu’île, etc. pour tuer le temps. Il m’explique (et me conduit vers) les plages en été, les boîtes de nuit toute l’année, la neige et les problèmes de voiture en hiver. On essaie le point de vue du haut du funiculaire dans le brouillard. On tourne quoi …

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Et ca fait déjà longtemps qu’on a épuisé la classique paire de sujets femmes et bagnoles, mais il ne s’arrête jamais. « Et celle là, tu aimes (bagnole ou femme) ? » … Quand même très limité …

Un détour chez lui quand même (mais je ne suis pas invité à monter). « T’as récupéré les clés de ton appart’ maintenant ? ». « Non, j’ai gueulé sur ma femme parce qu’elle l’a sous-loué à quelqu’un d’autre » … Il a dépassé les limites du ridicule sur ce coup là … « Bon, ben trouvons un hôtel pas trop cher alors … ». Le premier est vraiment miteux, sous un pont le long du chemin de fer. Et puisque je dois rester quelques jours, j’en choisis un autre …

Enfin seul ! Cette réflexion, je me la ferai tous les soirs suivants …



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Etape 79 (11/11) – Vladivostok

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Dimanche. Journée « libre ». Mais il insiste pour la passer avec moi. « Et ta femme ? Et ton bébé que tu voulais tant revoir et qui n’a pas pu venir à Sakhaline parce qu’il était malade ? ». Je n’insiste pas. On va voir le sous-marin sorti de l’eau, encore un mémorial aux multiples guerres anciennes et récentes, des HLM partout sur les collines, des falaises, des bateaux (militaires ou non. Il y a même un gigantesque paquebot blanc avec quelques immenses croix-rouge dessus (mais je n‘aime pas la Croix-Rouge)), etc.

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A ma demande, on part à la recherche de magasins de jouets où j’espère toujours dégotter une miniature de mon amoureuse. Sans succès, mais je m’achète tout de même 2 petites Land Rover pour ma collection qui commence … Je le ramène chez lui fin d’après-midi et retrouve tout seul l’hôtel …

Petite balade en ville pour passer le temps …



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Etape 80 (12/11) – Vladivostok

Rendez-vous à 9h30 que je lui avais dit (les bureaux ouvrent à 10h00)… A 10h15, je pars seul à pied vers cette gare maritime. 500 mètres et une tape dans le dos plus loin, on poursuit à deux.  Le ferry est à quai, juste en face de nous. Bon signe. On se rue au comptoir … pour s’entendre dire que ce sera très compliqué … En tout cas impossible avant 1 semaine ! Et les prix annoncés sont impressionnants.

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Il dévale déjà les escaliers à toute vitesse, mais revient quand il comprend que je ne le suis pas. Je me suis assis sur un banc à réfléchir (désespérer ?) … Pas longtemps à vrai dire … Ca s’impose assez vite : Si on ne veut pas de moi au Japon, et bien qu’ils aillent se faire cuire leur sushis ailleurs (ça se cuit des sushis ?), je zappe cette île et – puisqu’on est dans un grand port, je trouverai bien un moyen d’envoyer la voiture directement en Australie !

Ce qui m’embête dans l’histoire, c’est que je me faisais une joie de revoir Michaël à Tokyo ! Après si longtemps. Et puis ce sera sans Hiroshima non plus. Ni la balade sur le Fujiyama, ni …, ni … Et la liste s’allonge au fur et à mesure que je me souviens de ma lecture du Lonely Planet.

Ce choix « raisonnable » s’impose … Et je me sens très serein, c’est la bonne décision … Et ça confirme l’Australie (qui était la première à éliminer en cas de pépin).

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Le p’tit, je crois qu’il ne suit pas tout … Ca va trop vite pour lui.

Premier signe qui confirme le bien-fondé de ma résolution : l’agence de transport Maersk est située juste à côté. Deuxième signe : Ila et Evgenia sont absolument parfaites (plastiquement et pratiquement). Elles vont fournir une aide précieuse à téléphoner à leurs multiples contacts jusqu’à trouver quelqu’un qui accepte de m’aider dans toutes les démarches administratives (douanes) et pratiques (entrer et sécuriser la voiture dans un container). La première où nous nous rendons n’est pas très coopérative, les suivantes (au téléphone) non plus. Faut attendre qu’ils rappellent maintenant.

Je ne sais pas combien de temps tout ceci va prendre, mais je sais que dans 5 jours, mon visa arrive à expiration … Je ne peux pas perdre de temps !

« On peut demander une prolongation », m’annonce Max. « Ok. Comment ? Où ? ».

On se rend dans une arrière cour lugubre et pénétrons dans une vieille cage d’escaliers dégueulasse, sombre et froide (comme tous les bâtiments que j’ai visité), grimpons quelques étages pour se trouver au milieu d’une pièce remplie de russes et autres coréens déjà en attente. Une liste avec ordre d’arrivée est tenue par une vieille habituée. « C’est toujours comme ça ? ». « Oui, c’est le système ici … ». Quelle résignation ils ont tous … Nous sommes 12ème sur la liste et je craque : je joue également aux jeux de mon GSM ! Après plus de 2 heures d’attente (brièvement interrompue pour un hamburger), une fonctionnaire sort du bureau (« la commande No 4 est prête à la boucherie ») et annonce qu’elle a trop de travail, qu’elle ne pourra plus nous recevoir aujourd’hui. Il faut préparer une lettre avec le sujet de la demande et venir l’apporter demain à 14h ! Quoi ?! Pour la première fois, je m’énerve vraiment (mais nous sommes déjà dehors quand Max me raconte ce qu’il se passe). Un joli « Putaaaaiiiinn » résonne dans les rues de Vladivostok. Je suis furieux et fais peur à mon acolyte. J’essaie de lui expliquer que je ne suis pas fâché sur lui … Je n’ai plus cette politesse qui m’empêchait de critiquer son pays et invente une expression qui restera pour les jours qui suivent : « It’s a FRS ! ». « What ? ». « A Fucking Russian System ! » …

Pour me calmer il décide de m’emmener quelque part (« Où veux-tu qu’on aille maintenant ? »). En fait, on se retrouve sur un parking où un de ses potes brosse les cours pour venir voir la voiture …

J’insiste pour retrouver mes 2 nouvelles amies et faire pression en étant physiquement présents (bien que je ne suis pas sûr de qui impressionne l’autre le plus dans ce cas !). Je suis seul dans le bureau à les regarder éplucher leurs carnets d’adresse et passer quantités de coups de fil (les 2 copains m’attendent dehors). Andreï va accepter ! Rendez-vous demain …

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Je retourne à l’hôtel re-demander une chambre pour quelques jours … Il n’y a plus rien de libre, il faut prendre une double … A ce moment-ci, je ne compte plus les coups : « Ok pour la double … ». La vue sur le port et les lumières de la ville est magnifique !



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Etape 81 (13/11) – Vladivostok

Je vais chercher Max en fin de matinée. « T’as encore dormi par terre cette nuit ? ». « Oui, elle ne me parle toujours pas … ». On va glander en ville avec le petit voyou (c’est je crois ce qui le caractérise le mieux …). On commente les voitures et les filles. Puis on passe chez ses potes : Cyril et Anton ont un petit business en ville. Dans une arrière cour de la rue piétonne commerciale, ils reçoivent dans leur bureau de 2 pièces des « clients » qui se sont fait refuser un crédit auprès des banques, pour leur fournir de fausses attestations de travail … « C’est légal ça ? ». Thé et discussions anglais petit nègre jusqu’à l’ouverture du bureau d’immigration (Max avait préparé une belle lettre !). Anton et Cyril, qui n’ont rien à faire, nous accompagnent. Coup double puisque c’est là que nous attend Andreï à qui je remets les papiers d’importation du véhicule et autres photocopies de divers documents … Pour mon visa, faudra revenir à 16 heures … Balade sur la plage avec les autres en attendant … Anecdote : Cyril me demande si j’aime bien Frederic Beigbedder ?! Quelle coïncidence …

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On retourne à l’immigration : faudra revenir demain … Andreï aussi est là : nous devons trouver un container … Comment ? Avec l’agence. « Maersk et ça repart ! ». Visite chez nos demoiselles : rendez-vous demain matin à 9 heures. Probablement pour charger la voiture déjà !

Je suis tout-à-coup pris moi-même de vitesse. Ca ne me contrarie pas, que du contraire. Mais il y a tant à faire ! Préparer mon sac pour la poursuite du voyage (vers où ?), (faire ?) laver la voiture (« comme une voiture neuve » m’avait prévenu mon contact australien !), dresser la liste de tout ce que je laisse, … C’est pas possible, je vais y passer la nuit !

Trouver un car-wash ce soir encore ! Au troisième (les 2 premiers avaient une porte de garage trop petite pour la voiture), Max explique que je repasse dans une demi-heure : faut aller le reconduire chez lui … C’est long. Très long. Et je me surprends à battre tous les records des jeux de mon gsm … Moi qui n’aime pas du tout les jeux électroniques … Mais la voiture est impeccable ! De l’extérieur du moins, parce que dedans …

Fin de soirée, Max appelle : rendez-vous à 12h30 au lieu de 9h00 … Ca c’est une bonne nouvelle : je vais pouvoir dormir un petit peu cette nuit …

D’autant plus que je suis claqué à devoir marcher vite (c’est incroyable ce que les gens marchent vite ici, c’est à cause du froid paraît-il …) dans des rues en forte pente et dans le froid, puis à glander dans le chaud, puis à repartir, etc.

Je me fais quand même un petit restau avant de transvaser de la voiture à ma chambre et de ma chambre à la voiture tous les éléments (non) nécessaires à la poursuite du trajet. Tout va très vite et je suis vraiment fatigué. Je terminerai demain matin …



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Etape 82 (14/11) – Vladivostok

Réveil à l’aube donc (en fait, avant l’aube puisqu’il fait tout noir …). Je commence à dresser la liste de toutes mes affaires, assis dans la voiture garée en face de l’hôtel. Les passants me regardent bizarrement devant mon ordinateur … Ca et les derniers préparatifs, la matinée est terminée. Max arrive et on démarre vers le port. Andreï nous rejoint plus tard (j’en profite pour nettoyer un peu l’intérieur de la voiture en attendant). Je ne suis pas russe et je ne peux pas rentrer. Pas grave en Russie, magouille et FRS font que je m’appellerai Andreï Panamarov (ou quelque chose dans le genre) pour quelques heures. Mais je ne peux pas parler en anglais ! A travers les quais et parmi les milliers de containers, on trouve celui qui fera emballage pour le Def : un tout bleu avec marqué « P&O » dessus …

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Evidemment il est trop petit pour entrer comme ça : il faut enlever la roue de secours, les jerrycans et surtout le Maggiolina du porte-bagages. Le plus dur c’est d’enlever les écrous, parce que pour ce qui est de porter la charge, il faut que j’intervienne pour leur dire d’aller plus doucement à ces robustes russes ! Ils veulent aller très vite et moi je leur explique qu’il faut être organisés … Dialogue de sourd. Au moment de rentrer la voiture, ca passe tout tout juste en hauteur avec le porte-bagages … La voiture est coincée entre 2 très grosses poutres en bois clouées dans le plancher (à l’avant et à l’arrière) et 4 sangles aux différents points de fixation de la voiture. Sur les conseils de l’ouvrier qui nous aide, on déconnecte les fils de la batterie … L’agent des douanes peut alors venir inspecter le chargement (il inspectera juste rien du tout) et mettre les scellés sur le container : 1 fil à plomb pour les douanes et une cartouche pour la compagnie de transport.

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Me voilà redevenu piéton parmi les piétons … Pour les dernières formalités à remplir, il faut les documents originaux … « Euh … comment dire ? … Is sont dans ma chambre d’hôtel … ». Et c’est la course qui re-démarre : on arrête une voiture qui veut bien jouer taxi (système répandu ici), fonce récupérer les papiers pour revenir complètement essoufflés juste avant la fermeture des bureaux … Puis il faut payer Andreï de la main à la main.

Et – comme je suis un particulier et pas une entreprise – il faut un autre intermédiaire pour faire une facture pour pouvoir payer la société de transport. Ce sera Youri qui viendra me chercher ce soir à l’hôtel, me conduire à son bureau (représentant entre autres Danzas) et effectuer le paiement via internet (à une banque située à Chypre ?!), et me reconduire …

Et dire que j’ai promis à Max et ses potes de sortir en discothèque avec eux ce soir (c’est mercredi, y’a plein de filles parce qu’elles rentrent gratuitement …) : j’en n’ai aucune envie …

Justement il appelle : sa copine est de sortie ce soir et il doit rester pour garder le bébé … Allez comprendre ! Mais ça m’arrange très bien et je vais pouvoir aller dormir …



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Etape 75 (07/11) – Ioujno Sakhalinsk – Khomsk - Vanino

Réveil, petit déjeuner. On est seuls dans l’appart’, les parents sont partis (ils n’auront donc même pas dit merci pour la boîte de chocolats belges trouvée en ville …). On se casse d’ici !

 

Il a neigé et la route vers notre port est méga-glissante et dangereuse (dans la montagne, sinueuse et fortes pentes). L’arrivée au port de Khomsk est quasi périlleuse, je sens la voiture qui glisse malgré le 4x4 permanent … Et la valse des premières paperasseries commence ! Changeeez ! Maintenant, il faut tuer le temps jusqu’à ce soir, départ du bateau ! On tourne en ville, le gamin va s’acheter une carte pour son gsm (il a oublié le sien à Vladivostok), on mange un bout, on cherche internet (y’a plus de connection dans toue la ville depuis quelques jours), bref, on s’emmerde !

 

En début de soirée, j’ai enfin le plaisir de pouvoir remettre la voiture dans le bateau. On partage la même cabine qu’à l’aller. Mais cette fois-ci j’annonce que je veux dormir et qu’il est inutile d’essayer de me parler. On mange un sandwich avant tout de même : c’est drôle, il n’y a presque personne dans le bateau et cette fois-ci, ils vendent des bières à la cantine. Pourquoi … ? La réponse vient après quelques questions ci et là : le bateau transporte des produits dangereux (lesquels ? Impossible de savoir), et l’accès est interdit aux passagers normaux … Quel genre de passager suis-je donc ? Mais je ne m’offusque pas du tout de cette entorse, bien au contraire ! J’y suis, j’y reste !

 

Je m’endors assez facilement dans cette couchette défoncée, crasseuse, mais surtout minuscule.

 

Etape 76 (08/11) – Vanino - Khabarovsk

Quelques coups frappés à la porte me réveillent : c’est l’hôtesse de pont (sais pas comment on appelle cette fonction) qui prévient de l’arrivée imminente. Défaire le lit, aller rendre les draps et se diriger vers la cantine pour un petit déjeuner léger. Pas super bien dormi, mais dormi quand même, ce qui constitue une petite victoire … Cigarette sur le pont : le vent est très froid, mais la côte et les épaves de bateaux échoués le long sont très pittoresques : vraiment dommage que j’aie encore oublié l’appareil photo dans la voiture. Allez, l’arrivée n’est plus très loin et de là c’est une looongue route (piste) vers Khabarovsk. Dans la neige ? On verra bien … Le port, c’est l’inverse d’une relation amoureuse : il est plus facile d’en sortir que d’y entrer ! En 5 minutes, on franchit les barrières.

Deux heures de route, le plein de carburant et puis c’est l’enfer (froid) de la piste et de la neige à travers la montagne. Je conduis plusieurs heures sans m’arrêter. C’est hyper glissant mais je reste concentré. L’avantage c’est que j’ai déjà fait le trajet dans l’autre sens et que je sais ce qui m’attend : 200 kilomètres lents et dangereux, sur les pistes inégales au pourcentage de pente à 2 chiffres, parfois au milieu des travaux en cours, et qui vont prendre plus de 4 heures. Une heure plus loin, on rejoint la « grand route » où les flics m’attendent : les feux de position, ce n’est pas suffisant et la voiture est trop sale … Il déconne ou quoi ? On vient de quitter la piste et pas vu une seule maison depuis … Comment veut-il que la voiture soit propre ?? Ils ne manquent quand même pas de culot ces agents russes ! Mais bon : « ni pou ni maï » (écrit phonétiquement d’après ce que mon grand-père m’a appris de russe de ses souvenirs de prisonnier en Allemagne), ce qui veut dire « je ne comprends rien à ce que tu me dis, alors arrête de m’embêter et laisse moi continuer mon chemin tranquillement sans embêter personne » et ça passe !

A ce moment je roule assez vite. Parce qu’il est 15 heures et que Khabarovsk est à 250 km de là. Parce que si je ne m’arrête pas et garde la cadence j’ai des chances d’y être pour 18 heures. Et parce que ça, c’est l’heure à laquelle Julia finit son travail …

Evidemment l’autre est toujours assis à côté de moi à me donner de l’urticaire à chaque parole ou même à chacun de ses mouvements maintenant. Puis je relativise et trouve assez marrant ce qui pourrait être notre petit « road-trip » … Heureusement, il a trouvé les jeux sur mon gsm et passe son temps à inscrire son nom dans les « best times » ou autres « high scores » …

La ville est en vue, devant un superbe coucher de soleil (« Boule toute rouge : fera beau demain », m’informe mon passager d’infortune). Je m’épate à nouveau (il en faut quand même pas beaucoup pour m’impressionner moi-même) à retrouver illico le bureau de mon dernier rendez-vous raté. Il est 18 heures pile et tous les collègues s’apprêtent à rentrer chez eux. Pas Julia. Parce qu’elle n’est pas là …

L’idée m’a occupé l’esprit toute la journée, mais maintenant je me jette à l’eau : j’avoue à Max que je n’ai aucune envie de passer la soirée chez un de ses amis et que je vais aller  l’hôtel. Je veux bien aller le conduire avant … Mais trouver un ami semble difficile … Le gros plan foireux s’annonce à du 200 km/h. On va « recharger » le gsm avant (n’a plus de crédit l’ange). Puis c’est une copine d’un copain d’une connaissance qui va venir nous rejoindre dans 45 minutes ! Ballade dans le froid en attendant (avec cette délicieuse créature devant sa fenêtre du 4ème étage qui décide de changer de soutien gorge quand nous passons, comme anecdote). Marina arrive avec un grand sourire. Celui des moches qui n’ont que leur sympathie pour plaire … (J’exagère un tout petit peu). Je les laisse et retrouve le même gigantesque hôtel que la première fois. Coup de téléphone à Julia : Je t’emmène manger un morceau ! Ok ! … euh … c’est ok si mon boyfriend vient avec nous ? Qu’auriez-vous répondu à ma place ? Une heure (et une bonne douche) plus tard, la rutilante Nissan (ou Toyota ou Mazda, j’en sais trop rien) vient me chercher sur le parking. Julia est enchantée et toute bien habillée. Dimitri ne parle pas un mot d’anglais. On traverse la ville jusqu’au restaurant. Dialogue à 3 avec Julia comme interprète. Lui quitte la table plusieurs fois pour aller vérifier la voiture … ?! On échange les informations sur nos modes de vie, expériences respectifs. Et de me répéter encore une fois qu’il est dangereux de traverser la Russie tout seul (avec détails d’histoires sordides à l’appui …). Je décide de payer la note après avoir comparé nos salaires … Ils sont gênés, mais tant pis. La deuxième partie de la soirée se déroulera autour d’un billard russe (c’est pas la même chose : les trous sont tout petits et c’est très difficile) : je gagne la première partie. Ca a du offenser le Dimitri qui m’écrase dans les 2 suivantes ! Il est marrant avec son gant spécial à un doigt. Il est déjà 1 heure du matin et personne n’a envie que la soirée s’arrête : on part faire un tour en voiture dans toute la ville me montrer le nouveau stade de hockey ou le mémorial de la guerre (on lance des roubles dans la flamme !?). Longs au revoir sur le parking avec séance photos (leur appareil). Je reçois une corne de supporter de hockey en plastique comme souvenir. On promet de s’écrire. Classique.

Et bien c’était une très très chouette soirée que celle-là !

Maintenant dodo parce que demain …

Mais … une petite surprise avant … Mon Pancho et sa pouffe m’attendent à la réception, affalés dans les fauteuils en cuir … Ses yeux rouges et son air de chien battu mendiant veulent me dire quelque chose. « Pas ici, au café d’en face ». « Ok, mais fais vite parce que je suis fatigué ». Il est touchant dans ses comédies, mais il offre à boire, alors … 2 ou 3 vodkas plus tard : « bon, accouche maintenant ». « Pas ici, dans le couloir ». Pff … Il a besoin d’aide : mon jeune père marié de 21 ans n’a pas pu s’empêcher d’accepter le confort et la chaleur que le corps de son hôte lui offrait et ils se sont fait rembarrer de l’appartement par le patriarche quand celui-ci a découvert que sa maison servait aussi de lupanar. Et meerde ! « Qu’est-ce que je peux faire ? ». « Tu sais bien ce que tu peux faire ». « De l’argent ? ». « Oui, pour aller à l’hôtel ». Et il veut finir son affaire le gaillard … Je vais sponsoriser un adultère !

Il est 5 heures du matin quand je regagne ma chambre …

Etape 74 (06/11) – Ioujno Sakhalinsk

Réveil, je range l’appart (c’est fou le bordel qu’on peut mettre en 2 jours !), fais la vaisselle et prépare mes affaires. J’essaie vainement de téléphoner à Jérôme pour lui dire que je veux m’en aller, mais impossible de l’avoir ! Me voilà coincé dans ma prison dorée … Je l’obtiens finalement et son « contact » coréen vient chercher la clé. Il est midi, je fonce retrouver mon interprète chez lui. Je le réveille je crois. Faut y aller ! Où ? Ben, à l’agence pour le ferry pardi ! Ah ouais … retour en ville, passage chez internet pour trouver quelques coordonnées utiles. Les premiers coups de téléphone sont stériles. Je fais appel au joker que Nicolas m’avait laissé : Vera ! Je l’appelle et elle m’indique l’adresse et le téléphone de la compagnie adéquate. C’est ici que la blessante réalité éclate : il n’y a plus de ferry pour le Japon depuis le … 25 octobre (Ceux qui suivent comprendront directement mon immense frustration : sans ces putains de problèmes de visa en Mongolie, je l’aurais eu ce p… de ferry !! J’enrage !) !

 

Et de rapidement prendre la décision : retour vers Khabarovsk et Vladivostok au plus vite ! L’idée enchante Max : il veut venir avec ! Même dilemme depuis quelques jours : il est con, jeune et parfois chiant, mais tellement utile … Et puis, c’est dépaysant, non ? Bon, allez, on retourne chercher tes affaires, prévenir tes parents et on fonce vers le port situé à une centaine de kilomètres. Il est tard ? Ouais, c’est un peu vrai … de toutes façons, le prochain ferry n’est que demain. Ok, d’accord, j’accepte (je me résigne) de passer une nuit de plus dans ton taudis, avec tes parents et leur cabot qui ronflent tous ! La discussion est animée entre eux, mais le p’tit reçoit le feu vert de papa et maman pour aller rejoindre … sa femme et son gosse (toujours pas arrivés parce que le bébé est malade … dixit). DVD au programme pour passer la soirée et s’endormir avec le pouilleux clébard sur le canapé lit …

 

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