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08.01.2008

Exercice pour Elisa : Beau – Belle – Bel – Beaux - Belles

 

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Un bel arbre

Un belle voiture

Un beau ciel

De beaux nuages

Un beau gosse ( ?)

Une belle photo !

 

Pour ma plus belle grande nièce …

Etape 133 (04/01) – Urandangi – Alice Springs

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Je me lève à l’aube. Je veux dire, vraiment à l’aube. Je vois le ciel rougir puis le soleil se lever … Mais faut que je parte d’ici. Toute la nuit, j’ai rêvé de fermiers en fureur qui me pourchassaient parce qu’une de leurs stupides machine à lait est venue se jeter sous ma voiture, sans doute désespérée de ses conditions de travail sous cette chaleur et déprimée du manque de réseau social dans ce désert …

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Alors je veux démarrer le plus tôt possible … De toutes façons, ce sera une très longue étape de pistes aujourd’hui. 500 kilomètres de désert avant de retrouver le goudron … Moi, je préfère la lumière su soir que celle du matin … Plus photogénique je pense … Et je pense beaucoup ! Parce que comme à chaque fois que je suis hors des routes, je suis également hors musique CD qui saute tout le temps et donc dans le silence le plus complet et harmonieux de mon 2.5 ltrs diesel … A quoi je pense j’en sais rien, mais certainement pas à cette variante de l’histoire qu’on appellera aujourd’hui « Paf, le pneu » … Et meeeerde ! Ca sent la vengeance de la mère vache pour ce que j’ai fait hier soir.

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De la vache qui doit bien rire maintenant de me voir suer comme un fou sous ce soleil écrasant à essayer de défaire mes boulons les uns après les autres, utiliser le cric (correctement cette fois, plus comme au Kazakhstan), préférer le pneu sur le toit à celui sur la porte arrière parce que celui-là, je parviens pas à défaire les boulons qui sont trop serrés, mettre la cale du mauvais côté de la roue et voir la voiture s’avancer quand je retire celle qui est crevée, ce qui met en équilibre incliné et hautement instable le cric qui supporte mon pauvre Def maintenant cul-de-jatte … Et j’ai soif … Et l’eau est chaude … Et je sue … Et j’essaie surtout de rester calme. De faire les choses avec méthode. Puis de regonfler le nouveau pneu grâce à mon compresseur acheté quelques jours plus tôt (malin ça Fabian !). Je suis quand même à 150 kilomètres de la première maison ! Pfff … Ca m’a bien pris plus d’une heure. C’est pas juste un pneu crevé, c’est une lourde roue, sous une lourde voiture, par une très lourde chaleur, pour une lourde et basse vengeance d’une vache qui a perdu son petit la veille … Mesquin !

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J’ai tout juste 30 kilomètres à rouler avant de vous raconter une troisième histoire … Celle de « Paf, le pneu de droite qui a vu son voisin de gauche exploser avant lui » … Je vous la raconte pas, vous la connaissez déjà sans doute. En tous cas, elle ressemble furieusement à celle que je viens de raconter plus tôt. Avec comme variantes : cette fois-ci, je dois bien y arriver à défaire ces satanés boulons rejetés la fois précédente. Pas de pierre pour mettre sous le cric. Je décide alors de concrétiser quelques chose qui me turlupine depuis quelques semaines déjà (depuis le départ presque …) : je vais les utiliser ces si lourdes plaques de désensablement (comme ça elles auront servi à quelque chose) pour les abandonner ensuite au bord de la route après les avoir exploitées … Et ça marche !

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Mais maintenant je suis stressé à mort … Il me reste 350 kilomètres de piste et je n’ai plus de roue de secours et je ne sais pas si je me suis trompé dans la pression de mes pneus (ce qui expliquerait ce phénomène rare de 2 crevaisons dans un si court laps de temps … Ou bien c’est la vengeance de la vache … Ou une punition de Dieu (et voilà comment les religions et autres superstitions commencent …)).

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J’avoue avoir tourné le plaisir de la conduite dans ces décors somptueux en petit trac de l’aventure … 200 kilomètres plus loin, il y a une ferme qui offre des boissons. Je raconte au gars mon aventure et il m’annonce qu’ils ont le matériel pour réparer les pneus. Super ! Quelle chance ! Ouais … quelle malchance plutôt quand il m’annonce que les pneus sont gravement atteints et non réparables … « Problème de pression ? » que je d’mande … « Non, celui-là est déchiré sur le côté, ce qui indiquerait une pression trop basse. Et celui-ci sur l’arrête, ce qui indiquerait une pression trop forte. Non, vos pneus, c’est des jouets, c’est tout … ». Il cherche bien dans son stock quelque chose qui aurait la même dimension, mais vraiment rien … Alors je lui demande de tout de même coller une rustine sur un des deux, au moins juste pour me rassurer … Et je termine mon chemin de croix de piste jusqu’au macadam …

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Ca va mieux tout à coup. J’ai même croisé l’une ou l’autre voiture, ce qui indique qu’il y a de la vie par ici … Et c’est bientôt la grand route, dernier tronçon de 50 kilomètres avant Alice ! Sur le bord de la route, une voiture a le capot relevé. Je m’arrête. « Z’auriez pas de l’eau ? ». Ah si, j’en ai plein, mais elle est chaude. Vous pouvez tout avoir … A peine versée dans le radiateur, elle bouillonne déjà. Bon, ça le fera pas. « Allez, je vous emmène jusqu’Alice » … Le vieux donne r-d-v à sa fille par téléphone au … Mc Do ! C’est pas un signe ça ?! Hé, hé la vache … Après avoir tué ton petit hier soir, je vais manger ta sœur aujourd’hui …

Et me trouver un camping pour la nuit …

Etape 132 (03/01) – Burke & Willis Roadhouse – Mount Isa - Urandangi

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Allez, je commence à rattraper mon décalage de sommeil. Dormir tôt, debout tôt. Et c’est reparti vers Mount Isa. Une longue route à travers rien. Rien d’autres que des paysages magnifiques (je me répète, mais vraiment … c’est beau quoi !). La ville la plus grande du monde (Marie-Laure me corrigera pédantement en citant quelques villes du Groenland qui sont plus grandes) est en fait un petit réseau tout plat de routes larges bordées de magasins, implanté le long de l’impressionnante mine de cuivre. Mais c’est un centre administratif important pour les habitants « du coin » (la route principale qui traverse la ville fait plus de 180 km de long). A la bibliothèque, je réserve une demi-heure d’internet en début d’après-midi, le temps pour moi d’attendre que les gens aient laissé la place et d’aller grignoter un bout … au Hungry Jack’s (Mieux que Mc Do !!). Il fait vraiment étouffant ici. Un petit vieux me parle de plus de 40 degrés …

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Et comme j’ai de l’avance (sur la journée, parce qu’en global … suis plutôt à la bourre), je poursuis la route (en fait la piste maintenant) jusqu’à Urandangi, petit village du Nord du désert. La journée se termine et je m’arrête de plus en plus souvent pour prendre des photos. A ce rythme, je n’arriverai pas avant le soleil au village … Doit y avoir une cinquantaine d’habitants ici. En fait une communauté aborigène. Au comptoir du café/station d’essence/etc. la tenancière danoise fout l’un d’entre eux dehors. Il est complètement pété le pauvre. D’une manière peut-être réductrice, je dois bien avouer qu’à part les quelques aborigènes tout peinturlurés aperçus dans le parc l’autre jour, tous les autres que j’ai pu rencontrer étaient hagards, à se balader de manière perdue sur des trottoirs, ivres souvent, habillés comme des clochards en survêtement toujours, sales sans doute, mais glandeurs à tous les coups. Perdus qu’ils sont … C’est assez affligeant …

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Moi je discute le coup avec la patronne et un vieux cow-boy qui s’est arrêté boire une bière. Le niveau de la rivière monte. Elle est déjà un demi mètre au-dessus de la route, et elle va bien encore prendre 1 mètre cette nuit … « Que … quoi ? Quelle rivière ? Où ça ? Sur le chemin de Alice Springs ? ». On conclut qu’il vaudrait mieux que je la traverse ce soir et campe de l’autre côté. Après c’est ok pour le reste du désert … Plein de diesel hyper cher. Il fait noir à présent et je me remets en route (contre mes principes !). C’est beaucoup moins impressionnant de traverser une rivière dans le noir … Puis je décide de poursuivre pendant 10 kilomètres. Et c’est le moment de vous raconter une petite histoire. Connaissez-vous l’histoire de « Paf » le chien ? Mais oui, c’est l’histoire d’un chien qui veut traverser la route et « Paf, le chien ». Elle me fait toujours rire cette histoire. Et bien, laissez moi vous raconter celle-ci : c’est l’histoire de « Paf » le veau. C’est l’histoire d’un veau qui veut traverser la piste et « Paf, le veau ». Et j’ajouterai « Et Paf, le Def » … Rien vu venir. Une fraction de seconde, j’ai pu apercevoir son profil dans la lueur de mon phare droit à quelques décimètres de la voiture, puis il a disparu aussi vite dans un grand boum et j’ai bien senti que la voiture roulait sur quelques bosses ensuite. Ca s’est passé tellement vite. Pas eu le temps de freiner ou quoi que ce soit. D’ailleurs je continue de rouler à du 70 km/h en essayant de comprendre ce qu’il vient de se passer … La voiture roule, rien ne semble frotter, tout a l’air ok, je continue le temps de faire baisser mon taux d’adrénaline et m’éloigner du lieu de mon méfait. Je suis un criminel (en fuite !), j’ai du sang sur les mains. Ou plutôt sur le pare-choc … Même pas ! Je me suis arrêté quelques kilomètres plus loin et vérifié : pas de sang, mais le pare-chocs est plié. Un bout de l’aile avant aussi … Et meeeerde !

Camping pour la nuit au beau milieu de nulle part. Sous les étoiles comme on n’en voit que dans les déserts. Plein, partout, lumineuses … C’est dommage que je n’y connaisse pas grand-chose, parce que c’est quand même un point de vue unique depuis l’autre côté de la planète !

Je vais quand même essayer de m’endormir sans faire de cauchemar …

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Etape 131 (02/01) – Mount Surprise – Burke & Willis Roadhouse

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Petit déjeuner ce matin, c’est pas tous les jours ! Et assis à une table, ça c’est carrément divin ! La grand-mère d’un petit gosse me demande de recharger son iPod à partir de mon portable qu’ils avaient aperçus la veille. Sont quand même au fin fond de la brousse ici ! Le temps pour une douche et un peu de rangement, de rendre l’Ipod et c’est reparti pour une journée comme hier ! Peu de pistes, mais une route au milieu de nulle part. Avec des bas côtés de part et d’autres pour quand on croise une rare voiture ou … un camion. Pas un semi-remorque. Plutôt une et demie remorque (c-à-d 3x plus long : 3 remorques). Et des termites vraiment partout sur des centaines de kilomètres … Le ciel bleu est bleu et les nuages blancs sont blancs (et la couleur du cheval blanc de Napoléon ? Elisa ?). Et à travers mes lunettes de soleil, le contraste est vraiment magnifique.

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J’ai un large sourire jusqu’aux oreilles qui me fait oublier les débuts difficiles dans ce continent … C’est bien simple, je recommence à prendre plein de photos ! Après plusieurs centaines de kilomètres, le premier arrêt est une station-service/restaurant/camping/bureau de poste/supérette/etc., tout en 1 ! Le Burke & Willis Roadhouse. C’est ici que je passerai l’étape ! Le coucher de soleil sur le « Road Train » argenté est superbe, je m’essaie même à quelques photos des étoiles tellement c’est prenant !

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J’ai mes parents en ligne pour les remercier de mes étrennes. En fait, à 33 ans, rien n’a changé : je vis chez mes parents, je reçois la visite de Saint-Nicolas, du Père Noël. Et je suis persuadé que si je me déguise pour Halloween, je recevrai des bonbons … Je ne suis qu’un grand enfant parti pour une grande ballade …

Il est temps d’aller se coucher Fabian. Au lit !

Etape 130 (01/01) – Mareeba – Mount Surprise

Pas de réveil pour m’annoncer le 1er janvier. Ou plutôt, la sonnerie du téléphone satellite. C’est les copains ivres (de joie) qui veulent partager leur fête avec moi. Mais la communication et tellement mauvaise que je raccroche pour leur éviter une mauvaise surprise le jour où Belgacom leur écrira. Puis les potes de chez Besix aussi. Même mauvaise surprise … C’est quand même dommage. Enfin, même sans se parler, ça m’aura fait tout de même vachement plaisir !

Je vide mon tube d’Eucéta sur mes jambes (ça commence à aller mieux) et commence à m’organiser pour ma vraie première journée vers l’outback australien. Mes batteries sont chargées comme jamais. Celles de la voiture est à plat. Encore ?!

Une centaine de kilomètres plus loin, je dois m’arrêter pour faire le plein de diesel, parce qu’il n’y a plus de station pour une bonne distance après ça. Manque de bol, ça n’ouvre qu’en début d’après-midi. Mais c’est le premier janvier, il fait plein soleil, j’ai quitté la côte et la pluie, alors je vais pas stresser pour un rien … Je vais me mettre au rythme de l’arrière-pays. Je sirote un coca sous une galerie ombragée qui entoure chaque bâtiment et attendre calmement dans ce village désert, un magazine de 4x4 australien comme lecture de circonstance. Petite discussion sympa avec le cow-boy qui me sert depuis le hangar de sa ferme (il a 2 tout vieux Def lui aussi) et c’est parti !

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Mon serpent unibande devient la piste. Yes !! C’est magnifique. Plus de cultures ici, ou de grandes propriétés. Plutôt de vastes étendues boisées ci et là qui servent de pâturages aux vaches. En fait des enclos de milliers de kilomètres carrés. Tous les 15 kilomètres environ (peut-être 50), une grille dans la piste pour les empêcher de passer d’une zone à l’autre. Et partout aussi, des « floodway », c'est-à-dire des points bas dans la route, parfois macadamisés sur une vingtaine de mètres qui servent d’endroit de passage pour l’eau lors des crues. Parfois, c’est une magnifique crique alors … Ce qui est bizarre aussi, ce sont ces termitières qui sortent de terre partout. Il y en a de plus en plus. De toutes les tailles. On en trouve parfois une ci et là, ou bien ce sont des zones très denses avec des petites tours à la Gaudi qui se succèdent comme des croix dans un cimetière américain. On devine une faune hyper variée ici. Et tellement différente ! Les oiseaux sont de toutes les couleurs (corps turquoise et ailes bleu marine, dessus vert fluo et dessous rouge, tout noir avec orange et jaune sur la queue, etc.). Et outre les nombreux kangourous gisants sur le bord de la route, j’ai encore la chance d’en voir bondir certains traverser la piste devant moi. Ces moments là sont magiques ! A une distance de sécurité, ils s’arrêtent et me fixent droit sur leurs pattes arrière. Puis ils repartent et disparaissent dans les fourrés plus loin : boïng, boïng, boïng.

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De malheureuses vaches aussi offrent parfois leur carcasse comme curiosité le long du chemin. Ca doit être un sport national ici d’écraser les animaux. Faut dire, tous les 4x4, mais aussi, les camions, les bus et même certaines voitures « de ville » ont quasi toutes une « bull-bar » à l’avant du véhicule. Et des gros trucs hein ! Moi, je trouvais ça un peu con d’en mettre un au Def … J’espère juste que la chance me donnera raison et que je n’aurai pas à percuter quoi que ce soit durant le trajet … A Chillagoe, la route est fermée vers le Nord-Ouest. C’était ce qui était indiqué sur la carte, mais j’avais espéré … Le flic/ranger m’aide à dessiner un tracé alternatif. De mes 250 km de piste, je n’aurai croisé qu’une seule voiture !

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Dernier tronçon en macadam pour atteindre Mount Surprise et son camping divin. Parce que presque personne ne loge ici. En fait, je suis le seul campeur et j’ai la piscine pour moi tout seul. Et la cuisine pour moi tout seul. Je me fais des pates et un bon film assis à une de tables mises à disposition.

Puis dodo les loulous !

Etape 129 (31/12) – Cairns - Mareeba

Evidemment j’ai assez mal dormi. Ca commence à faire quelques fois maintenant … J’ai eu des douleurs aux jambes qui m’ont réveillé plusieurs fois. P… de Barrière de Corail ! Si tu savais tout ce que j’ai enduré pour toi ! Aucune femme n’a jamais reçu ça de moi ! Certaines n’attendent qu’un mail qui ne vient même pas et toi … toi … Grrr … La décision est prise : je ne me laisserai plus jamais avoir ni par les femmes, ni par les barrières de corail ! Je ne sais même pas si je vais me lever aujourd’hui. Il serait peut-être sage de reste allongé. Mais merde, c’est trop con ! Parce qu’évidemment, il fait plein soleil dehors ! Alors je descends, cherche et trouve cette fameuse pommade que j’enduis bien partout en grosse quantité (psychologique ça). J’enfile pantalon long, chaussettes et chaussures et je pars pour ce parc, condensé de forêt vierge, culture aborigène et tout le toutim ! Oups, j’ai oublié de payer …

Il n’y a que l’entrée pour les groupes qui est ouverte, et des groupes de japonais il y en a ! « Bonjour, je suis un groupe à moi tout seul ». Ca la fait juste sourire la vieille … Mais j’ai mon ticket. Première étape : petit tour en véhicule amphibie datant de la seconde guerre mondiale. Au milieu d’arbres, de plantes de toutes sortes (mais rien qui ressemble à nos Ardennes), qui poussent les unes sur les autres (sens littéral), habitée de papillons, insectes et autres lézards, la forêt vierge défile pendant 2 kilomètres. Un aperçu juste … Un mini zoo pour suivre avec quelques kangourous en liberté, un énorme crocodile qui ne se laisse pas photographier (mais je le vois à travers l’eau), des koalas, des serpents, etc.

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Et finir par un accueil par une tribu aborigène locale venue présenter sa culture. En fait, j’avais assez raison quand j’annonçais être un groupe à moi tout seul. Pendant 1 heure, un guide va me présenter toutes sortes de choses. Et juste à côté, son copain fera la même chose à un groupe de 30 chinois … Et donc je le verrai jouer du didgeridoo (ou un truc comme ça. Un beau brin de bois décoré et creux au bout duquel ils font vibrer leurs lèvres et langues et, si on est bon, ça provoque des sons), exécuter quelques pas de danse, lancer des javelots et puis des boomerangs (et j’en ai même lancé aussi !). Les jambes font fort mal et j’ai du mal à redémarrer chaque fois que je m’arrête. Ferai pas une longue route aujourd’hui. Je quitte ce que je décide être ma dernière « attraction » du continent et reprends la route pour la quitter assez vite, à nouveau attiré par un panneau indiquant des chutes assez proches. Je m’attends à prendre une photo vite fait d’un point de vue bien aménagé, mais il faut entreprendre une petite marche avant. Et comme celle-ci se déroule depuis une passerelle au milieu (à mi-hauteur) de la Forêt Vierge, je mords sur ma chique et marche le kilomètre nécessaire.

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C’est splendide et beaucoup plus gratuit que la visite de tout à l’heure. Mais il faut remonter vers le parking à présent. J’enlève mes chaussures et chaussettes pour découvrir mes chevilles toutes gonflées. Je m’arrêterai au premier endroit trouvé. Un camping au sigle fait d’un compas et d’une équerre. « Parce que mon père et moi sommes maçons », m’indique le proprio en sortant de sa caravane/maison. Pas comme chez nous ça … J’installe la tente, me badigeonne les jambes fondues de pommade et quelques sandwiches de Nutella fondu. Et c’est ainsi que je célébrerai mon passage à l’an 2008. C’est l’anniversaire de Mathieu aussi : longue conversation au téléphone.

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A minuit … rien. Pas un bruit dehors. Ah si. Au loin j’entends un autre campeur souhaiter la bonne année à son voisin de table sans doute. Moi j’envoie quelques sms « du futur » en Belgique. Bizarre …

Etape 128 (30/12) – Cairns – Great Barrier Reef - Cairns

Qu’est-ce que j’ai mal dormi !

Mais aucun policier n’est venu m’arrêter. Et maintenant, j’ai l’air tout con à la lumière du jour avec ma voiture garée n’importe comment. Comme il ne pleut plus, je la réinstalle plus docilement entre les lignes blanches. Et je prends le pari qu’elle pourra passer la journée comme ça sans être noyée malgré les nuages gris toujours au-dessus de nous. En fait je me suis levé trop tôt. Alors je prépare bien gentiment mon sac pour la journée, enfile mon maillot de bain que je retrouve plein de poussière mongole ou kazakhe, tente de payer le parking (mais échoue dans le maniement éminemment technique et me retrouve avec un ticket valide jusque mi-journée que j’installerai à l’envers derrière le pare-brise) et pars me balader dans le port regarder les bateaux. Je repère le mien et attend un peu pour ne pas être le premier à bord … Première mauvaise surprise : il y a une taxe supplémentaire à payer ! Ca m’énerve moi ce genre de truc de dernière minute !! Mais cool, il n’y a pas beaucoup de monde. Ca doit être le mauvais temps qui a découragé certains. En fait non. Ils sont plutôt retardataires (ou bien c’est moi qui suis à l’avance pour une fois), et le bateau se remplit bientôt d’une trentaine de touristes. Une dernière cigarette à quai (parce qu’il est interdit de fumer au grand air !!), l’occasion de papoter avec une fidèle amie fumeuse (oui, il y a toujours un autre fumeur dans ces cas là et la solidarité s’installe très vite), puis le petit déj’ promis qui se résume à une couque rassie et un café infect (oui, j’exagère, mais c’est pour montrer que je la sens pas moi cette journée) et c’est parti … On distribue des médicaments pour ceux qui auraient le mal de mer … Et 10 minutes après être parti, on annonce qu’on vient de recevoir le dernier bulletin météo, que le temps est très mauvais, que ça bouge beaucoup et qu’on va plutôt aller sur une île un peu plus proche … Je bouillonne de rage !

Et de fait les vagues sont très creuses. Celles, nombreuses, qui les regardent de près, la tête penchée par-dessus bord, occupées à se vider l’estomac du petit déjeuner peuvent l’attester. Moi je suis installé à l’arrière au milieu du bateau, là où ça bouge le moins. Et comme ça pendant plus de 2 heures ! Au loin, une île qui devrait être paradisiaque en conditions normales (eau turquoise, plage et palmiers et tout le reste, c-à-dire surtout rien d’autre). C’est là qu’on se rend. Ou plutôt à quelques centaines de mètres de là qu’on jette l’ancre. Un Zodiac fera la navette toute la journée pour ceux qui veulent. Mais le pneumatique aussi a bu la tasse et ne veut pas démarrer. On distribue les palmes, masque et tuba. Et combinaison intégrale aussi. Parce que les méduses ici sont nombreuses et pas gentilles (certaines mortelles) … Et plouf dans l’eau ! Pendant une petite demi-heure, je crache l’eau salée qui rentre dans le tuba (ben oui, y’a des vagues quand même) et essaie de m’émerveiller devant les quelques poissons fluorescents qui passent devant les cailloux aux formes bizarres qui sont en fait les fameux coraux de la Grande Barrière. C’est bon que je me répète que je suis dans un des plus beaux endroits du monde parce qu’aussi non … Et puis je sursaute à chaque méduse que je croise (ce qui me donne droit à une mini tasse à chaque fois). Je remonte à bord et m’intéresse plutôt aux livres posés sur la table du mess. C’est décourageant d’alterner les regards entre les magnifiques photos et par delà le hublot. Mais je m’instruis quand au processus de formation de cette particularité géologique/botanique/animalière. Et découvre qu’on est en fait à un bel endroit de la barrière, même s’il ne s’agit pas de cette muraille qui plonge dans l’océan (plutôt un atoll) … Repas copieux et très sain à midi. Comme tout le monde est en couple genre voyage de noces, il est difficile de sympathiser. Et comme je ne suis pas une sulfureuse blonde aux gros nichons (je répète à Clothilde et Marie-Laure que c’est un cliché que j’utilise), je ne me fais pas draguer non plus … Mais je sympathise juste assez tout de même avec un des G.O. pour qu’il m’indique que si je vais sur le troisième pont tout en haut (interdit d’accès), je serai à l’abri des regards du capitaine et pourrai tranquillement prendre une petite dose de nicotine innocente … Sieste au soleil sur le deck supérieur, puis re-« plongée » d’une demi heure (« snorkelling » en fait). Et puis on rentre … Et je n’ai même pas pris une seule photo …

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J’ai du rester trop longtemps au soleil parce que je découvre mes 2 jambes aux couleurs du Standard un soir de victoire (bon, j’essaie d’imaginer …). A quai, je découvre même qu’il est douloureux de marcher ! Aah, il est beau celui-là ! Et tellement inélégant … Rouge devant, blanc derrière … Un peu comme dans Friends quand Ross essaie le banc solaire … A l’arrivée, je panique à l’idée de retrouver ma voiture  inondée ou bien à la fourrière. Petit tour chez internet pour prendre quelques nouvelles (suis devenu accro ces derniers temps) et je pars à la recherche d’un endroit pour dormir … La tenancière commet cette erreur de me dire de payer demain seulement …

Mes jambes sont cramées, impossible de me coucher comme je le sens : ce sera sur le dos et pas bouger ! Doit bien y avoir une crème quelque part dans la pharmacie, mais comme je ne suis pas sûr, je m’évite une possible déconvenue et me dit que ça ira mieux demain …

Etape 127 (29/12) – Townsville - Cairns

Aah ! Je me réveille  pas trop tard pour une fois ! Le temps de tout emballer et … clic ! Clic, clic, clic …. Meeerde ! J’ai laisser la lumière allumée toute la nuit, je sais pas, mais la batterie est naze. Aussi plate que toute la Hollande … Me faut aller trouver quelqu’un qui viendra avec son pick-up et ses câbles … Première fois en 4 mois. C’est pas trop grave. Et puis, ça aurait pu arriver à un pire endroit. Mais faudra faire gaffe à partir de maintenant !

C’est reparti sur l’autoroute ! Mais lassé du trop peu d’action, je me laisse séduire par le panneau sur le bord qui indique des chutes à une trentaine de kilomètres de là. C’est une longue, sinueuse et tortueuse voie grimpante qu’il faut suivre. Une de celles à rendre certains malades en voiture ou encore à donner le vertige à d’autres … Moi, ça va beaucoup mieux ! Les chutes ne sont pas super impressionnantes, mais attirent les touristes qui se baignent dans des vasques au pied de celles-ci. Je continue la route vers un point de vue, à moitié bouché par les nuages bien bas … Une carte assez sommaire que j’avais sans doute chipé dans une réception de camping m’indique qu’il y a moyen de continuer par une piste et de rejoindre le chemin principal beaucoup plus loin. Ca évitera de faire demi-tour … Et puis le ciel qui se dégage. Et la piste qui arrive. Rose. Et les troncs d’arbre qui rougissent à leur tour … C’est super beau ! Pour la deuxième fois en 1 semaine, je ressuscite ! A 33 ans !! Qui dit mieux ?

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Je redécouvre les sensations de rouler sur piste au milieu de décors fabuleux ! Et puis viennent me saluer mes premiers kangourous vivants ! Qui bondissent ! Et une bête innommable, lézardeuse qui court sur ses pattes arrière en traversant devant moi (je m’arrête dans un dérapage de film) ! Et puis un serpent le long de la route maintenant ! Waaaooow … Et des oiseaux vert fluos encore … Bon. Des vaches aussi … C’est de toute beauté.

Mais je ne sais pas vraiment où je vais. Au milieu de nulle part, une cafétéria. Le gars rigole bien en voyant ma carte : « Si vous voulez suivre cette direction, achetez un parachute et accrochez le à votre voiture ! » … De toute évidence, ce n’est pas très précis … Et lui, il va gentiment m’offrir une carte beaucoup plus détaillée et m’expliquer la suite du chemin pour me mener là où je veux. Super sympa le bonhomme ! Alors je passe le restant de l’après-midi à compléter le « tour d’une demi-heure » entamé le matin … Sur la grand route ensoleillée, une large barre de nuages très sombres et très bas bouche la vue devant moi.

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Et toujours cette même question que je croyais à présent résolue : barrière ou pas ? Je m’arrête, fais le tour de la voiture et tente celui de la question. Et je continue jusque Cairns sous une vraie drache ininterrompue. J’attends bien quelques heures dans un café internet puis dans un Mac Do, mais ça ne s’arrête pas. Les rues sont inondées et il me faut marcher dans 15 cm d’eau pour grimper à bord du Def … Je n’ai aucune envie de sortir pour monter la tente où que ce soit (ouais, c’est ça, et après c’est trempé pour 2 jours et tout humide à l’intérieur …). Alors je joue le tout pour le tout : j’achète un billet pour une visite de la Barrière demain. S’ils annulent à cause du temps je m’en vais, s’ils n’annulent pas, c’est qu’il fera beau ! Et comme le départ est à 7h du matin, je décide de garer ma voiture au parking du port et d’y passer la nuit.

Du poste de conduite, je passe à l’arrière.

Et puis je ne comprends plus rien …

Oui, il pleut. A cordes, c’est vrai.

Oui, c’est vrai, le Def n’est pas vraiment le truc le plus étanche qu’il soit. Il prend les poussières partout à l’intérieur dès que je me retrouve en piste.

Mais avoir ce robinet qui coule depuis le plafonnier arrière de la voiture, ça me dépasse complètement ! Sérieux, j’ai quelques secondes de vrai moment surréel, un mini traumatisme (truc qui vous arrive et qu’on ne parvient à relier à rien de vécu, à aucune explication plausible). Je mets bien un bol par réflexe, mais très vite, c’est la grande casserole et elle est remplie en 20 secondes !! Je la vide par la vitre arrière. Je tiendrai jamais des heures comme ça … Deuxième réflexe, je me ré-installe en vitesse à l’avant et fais grimper la voiture sur la bordure en face de sorte à l’incliner. Ca marche puisque tout s’arrête … J’ai toujours rien compris … Et l’eau qui créée de faux contacts transformant la lampe en mini stroboscope …

J’éponge bien ce que je peux, puis essaie de trouver le sommeil au milieu du vacarme de l’eau qui n’arrête pas de tomber du ciel, dans cette position inclinée inconfortable, mais aussi dans la crainte de voir débarquer les policiers me demander de garer ma voiture correctement. Je ne sais pas comment ils prendraient mon explication …

Quelle bête fin de journée, pourtant si prometteuse …

Etape 126 (28/12) – Airlie Beach - Townsville

Etape de jonction à traverser les mêmes paysages splendides … Mais le moral n’y est pas beaucoup faut bien dire. Et tout ça à cause du temps ! Moi qui me refuse à regarder la météo en Belgique, à essayer d’en vivre indépendamment … Voilà qu’elle dicte l’état de mon moral à présent ! Tout fout le camp ! Et toujours cette fichue barrière qui m’attire autant que la pluie me repousse … Quel dilemme !

J’arrive en début de soirée dans cette très jolie petite ville aux larges avenues le long de la mer. Internet dans la rue commerçante, balade sur la Promenade des Australiens sous la bruine et je me dégotte un petit camping pas cher.

Etape 125 (27/12) – Yeppoon – Airlie Beach

Je dois être bien crevé parce que j’arrive décidément pas à me lever tôt. Faudrait que j’utilise un réveil aussi … En fait, c’est pas ça. Le problème, c’est que je n’arrive pas à m’endormir tôt … Il fait si chaud, si lourd … Ca a beaucoup soufflé cette nuit. Et il fait tout gris ce matin. La mer est brune, ça doit être le résultat de la pluie d’hier. Et les vagues sont immenses, qui viennent s’écraser au bord de la route. Je dois dire que ça ne ressemble pas à l’idée que je me faisais des plages australiennes … Ni aux cartes postales aperçues ça et là …

Il y a un terminal internet dans le magasin de bouquins du village. Mais c’est complet et ils n’ont pas l’air de vouloir décoller. Pas grave, j’trouverai plus loin … Je n’ai aucune envie de rester dans cette station balnéaire de toutes façons. A midi, je m’offre une belle pause où je me prépare des pâtes à l’arrière de la voiture. Un p’tit gosse vient admirer la « military car » … Il y a des arrêts parking tout le long de la route et plein de panneaux de sécurité routière avec messages alarmants concernant la fatigue au volant, du genre « Rest or R.I.P. », ce qui me fait bien rire … La route est splendide, malgré le temps, et malgré les photos que je ne prends pas. Maintenant, ce sont d’immenses champs de cannes à sucre que je traverse. Et les panneaux qui indiquent de nettoyer la voiture afin de ne pas transporter de graines ou de bactéries (peste ?) d’un côté à l’autre du continent. Sont fous ces australiens …

Et le ciel qui me tombe une première fois sur la tête … Et l’obscurité aussi … Et la crainte de choper à mon tour un kangourou qui serait aveuglé par mes phares … Même si je n’ai aucun espoir de trouver l’endroit joli, je poursuis tout de même jusque Airlie Beach, censé être un « spot » des plages du Queensland … Je ne trouverai qu’un camping dans la gadoue, inondé par la pluie qui ne cesse pas. Tout un coin est détrempé et des tentes ont été arrachées par le vent. Et toute la nuit j’entendrai les mangues tomber sur les toits des voitures des malheureux qui ont choisi de se parquer sous un arbre. Il pleut en continu. Doucement, mais sans s’arrêter … Et puis il y a les grenouilles. Doit y en avoir des centaines (ou des milliers ?) parce que ça fait un vacarme pas possible … Je commence à la trouver mauvaise d’avoir dû attendre si longtemps dans le beau temps et de devoir me morfondre sous la pluie à présent que je suis à nouveau sur la route.

Et la Barrière de Corail ? Hein ? J’y vais ou j’y vais pas ? Après tout, c’est ma principale raison de rouler vers le Nord (Au Nord, c’étaient les Coraux !) … Mais si les plages sont dégueu, n’en sera-t-il pas de même un peu plus au large ?? J’envisage des plans A, B et même C et me résous à contredire ce que j’annonçais au moment du départ « je ne ferai pas un détour de 4000 km pour aller voir la Barrière de Corail » !

Avec un peu d’honnêteté, je dois bien reconnaître que c’est … la saison des pluies !

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